A la faveur d’une mission économique et commerciale organisée dans le sillage de la 2e convention d’affaires Lisanga, les entreprises  belges ont officialisé leur intérêt pour le Congo,  engagé dans la diversification de son économie.

 

Soumis au choc de l’affaissement  des cours  du pétrole, son principal produit d’exportation, le Congo  est pris dans les rets   d’une crise financière et économique. Le pays  ambitionne de s’affranchir de cette situation qui, sans réponse, pourrait annihiler les efforts  déjà entrepris sur le chemin de son développement. L’exécutif enchaîne les initiatives. La  diversification économique est dans sa ligne de mire. Et les scénarios soupçonnables  pour y arriver  de plus en plus discutés.  C’est dans cette brèche que se sont engouffrées les  entreprises belges, notamment  dans le cadre d’une mission économique et commerciale effectuée en terre congolaise  du 5 au 12 octobre dernier. Au total, 54 entreprises des trois entités constitutives du royaume de Belgique ont fait partie de l’expédition congolaise. Elles revendiquent un savoir-faire et une expertise dans plusieurs domaines : l’industrie, l’agroalimentaire,  l’énergie, la formation, la finance, l’environnement, l’agriculture, la pêche, les ressources humaines, la construction, les ports etc. Toutes ou presque ont été  animées par les mêmes objectifs : prospecteur un nouveau marché ; assurer le suivi d’un contrat existant ; renforcer une présence existante ; envisager une présence locale.  A Pointe-Noire, première étape de cette mission (5-8 octobre), les Belges ont rencontré 163 entreprises congolaises. Les journées du 7 et 8 octobre ont été consacrées aux échanges BtoB qui, selon de nombreuses entreprises belges et congolaises, ont permis de dessiner les pistes prometteuses de travail. Il était en tout cas temps. Entre les deux pays, les échanges restent anecdotiques. Selon le Centre du commerce international, en 2018, les exportations belges  au Congo se sont établies  à 136 millions 501.000 dollars et les importations en provenance du  pays à 63 millions 143.000 dollars.  « Ces chiffres  peuvent épouser une trajectoire beaucoup plus ascendante, au regard de  l’immensité de leur marge d’évolution   anticipée  par la même instance du commerce international, qui estime à 300 millions de dollars le potentiel des exportions belges et à 150 millions de dollars le niveau des exportations congolaises », a espéré  le président de la chambre consulaire de Pointe-Noire,  Sylvestre Didier Mavouenzela, à l’ouverture de cette mission. Un optimisme  partagé par le ministre congolais des Finances et du Budget, Calixthe Ganongo. Lequel a vanté les atouts indispensables au soutien de tout projet d’investissement au Congo : les infrastructures, bien sûr, mais aussi les efforts en termes d’amélioration du climat des affaires et le  maintien d’un environnement de paix  et de sécurité.

Bto G

Si la séquence de la capitale économique congolaise  a été exclusivement dédiée aux B to B, celle de Brazzaville, intervenue les 10 et 11 octobre,  s’est enrichie des échanges B to G (avec le gouvernement).  Mobilisé jusqu’au Premier ministre, le gouvernement congolais a vu dans cette mission un signal positif après la tenue, quelques semaines plus tôt dans la même capitale,  du Forum Investir en Afrique. Clément Mouamba, le patron de l’exécutif, s’est fendu d’un plaidoyer sur « la trajectoire de réformes d’envergure qui vise à  restaurer  les équilibres macro-économiques, à  renforcer   la gouvernance, et à rendre soutenable l’endettement du pays ». Avant de lancer : «  l’entreprise belge, les capitaux belges sont les bienvenus au Congo ».  Le terme de cette mission  a été marqué par la réception des Belges par le président de la République, Denis Sassou Nguesso, qui s’est montré très rassurant quant aux possibilités d’investissement au Congo.  Ce  vendredi 11 octobre, le ton  de tous les acteurs était à la confiance. «  Les entreprises belges sont satisfaites des liens établis avec leurs consœurs congolaises. Il est vrai qu’il y a un moment d’euphorie lors des missions commerciales ; il nous faut donc travailler à approfondir les contacts pour aboutir à des résultats palpables », a constaté Jérôme Roux, conseiller économique et commercial, représentant le gouvernement bruxellois. Même élan pour Isabelle Grippa, chef de la délégation belge, qui scrute l’avenir avec foi.

Une signature plurielle

22 mois. C’est le temps qu’il a fallu pour concrétiser le projet de la  mission économique et commerciale belge  au Congo.  S’y sont engagés, l’ambassadeur du Congo en Belgique, Léon Raphaël Mokoko, son homologue belge en République du Congo Fréderic Meurice, les trois agences belges   vouées au commerce extérieur (Wallonia.be ; Flandres investment& Trade ; Hub.Brussels invest & export), le gouvernement congolais,  les chambres consulaires de Pointe-Noire et de Brazzaville et PLM Consulting. « Ce qui m’a plu in fine  , ce sont les entreprises congolaises qui se sont parlées à cette occasion ; la mission aura été le détonateur de cette dynamique », s’est félicité Sylvestre Didier Mavouenzela.