Eric DIBAS-FRANCK, président de l’ACODM

A l’occasion de la célébration de ses 2 ans d’existence les 20 et 21 juillet prochains, l’Association congolaise du droit maritime(ACODM) prévoit l’organisation d’une assemblée générale et surtout d’un colloque international sur le thème : « Cinq ans d’existence et d’application du code communautaire (Cemac) de la marine marchande 2012 ». Son président monsieur Éric DIBAS-FRANCK a décrypté les enjeux de ces deux moments.  Interview.

 A quel objectif répond la création de l’ACODM ?

Éric DIBAS-FRANK : Je vous rappelle que l’ACODM n’est pas née ex-nihilo. Il existe un comité maritime international dans lequel siègent des associations nationales du droit maritime. Il était donc de bon aloi pour nous si nous ne voulions pas être la quatrième roue du carrosse de nous fédérer, d’avoir droit de cité dans ces instances pour contribuer à la construction du droit maritime qui est par essence une matière internationale.

Pourquoi avoir envisagé l’organisation d’une assemblée générale à l’occasion d’une célébration qui aurait dû donner lieu à de simples réjouissances ?

L’assemblée générale sera pour nous l’occasion de dresser un bilan à mi-parcours de l’action de notre comité de direction. Ce sera également l’occasion de nous ouvrir à des nouvelles adhésions et de constater la démission d’autres. Elle nous permettra de réaliser un point de nos états financiers et des partenariats conclus et en cours de conclusion. Enfin, ce sera l’opportunité de donner un nouveau souffle à l’association avec le réaménagement de son comité de direction principalement de son bureau.

Au sujet des partenariats, vous prévoyez d’en conclure un avec la Chambre consulaire de Pointe-Noire. A quelle logique obéit-elle ?

 La chambre consulaire de Pointe-Noire est le carrefour des entreprises. Nous évoluons aujourd’hui dans un contexte marqué par une tentative de maritimisation de notre économie. Nous abordons un tournant où nous parlons de l’économie bleue. Nous ne pouvons pas le faire sans cette institution, qui doit participer à l’éclosion   de conditions optimales notamment une meilleure réglementation du secteur maritime et portuaire. Plus concrètement, ce partenariat vise à mettre en place une permanence en vue de renseigner sur tout ce qui est du domaine maritime ; d’initier des formations liées au droit maritime et d’organiser des conférences en ce domaine.

Parlons du colloque sur les 5 ans d’existence et d’application du code communautaire de la marine marchande. Est-ce la dimension intellectuelle de la célébration ?

Dimension intellectuelle oui, mais pas seulement. Je vous rappelle que c’est à Brazzaville   qu’est né le 22 juillet 2012 le code révisé de la marine marchande. Il faut faire le bilan de ce code, voir les dispositions pertinentes ou tout au moins contribuer à l’amélioration de cet outil. Aujourd’hui, il y a la piraterie et de nouveau enjeux. Il nous faut donc réfléchir pour arrimer ce code à la modernité.

Ce colloque sera-t-il une affaire d’initiés ?

C’est un colloque par nature ouvert. Certes, il réunira les praticiens du droit, les administrations maritimes, les assureurs et courtiers en assurances, les acteurs économiques du secteur maritime et portuaire, mais tous ceux qui se posent un certain nombre de questions devront trouver des réponses à ce rendez-vous, qui est celui du donner et du recevoir. D’ailleurs, nous y attendons l’Association camerounaise du droit maritime, des entités sous-régionales et internationales œuvrant dans le même domaine.