Le Président de la République  a mis en place un Comité de pilotage chargé de la conception et la traduction réelle de la politique du Local Content. Ce Comité présidé par Denis NGokana a organisé une  table ronde le 4 février dernier à Pointe-Noire avec la participation des chefs d’entreprises privées  afin de jeter les bases d’une émergence d’un tissu économique viable au Congo.

Aider le secteur privé national à avoir un niveau appréciable pour se présenter aux appels d’offre. C’est  le but de cette réunion à laquelle tous les acteurs concernés ont donné leur avis sur la question du local content, qui au Congo est  encore au stade embryonnaire.

Dirigés par Paul Obambi, président de la Chambre de commerce de Brazzaville qui avait à ses côtés Didier Sylvestre Mavouenzela, son homologue de Pointe-Noire et les membres du comité de pilotage, les échanges ont permis de recueillir les avis et propositions de différents entrepreneurs en vue d’affiner les documents réglementaires et législatifs susceptibles d’être déposés au Gouvernement.

Des différentes interventions des entreprises, il a été relevé plusieurs freins empêchant l’émergence des entreprises de qualité. Le manque de financements, la formation des entrepreneurs, leaders et managers, l’individualisme des entrepreneurs…
Selon  Denis Gokana, la rencontre de Pointe-Noire a été très importante « Ensemble, nous avons relevé les principales préoccupations de jeunes entreprises. Nous avons ainsi constaté le besoin en information et en formation de ces structures ».

Appréciant l’initiative, Nico Minga, directeur commercial Centre Afrique à Baker Hugues, une société pétrolière de la place a renchéri « On a besoin de créer une classe moyenne au Congo. C’est une façon de le faire à partir des congolais qui seront encadrés, soutenus, accompagnés dans ce processus de création d’entreprise. Nous pouvons avoir un jour des cadres congolais qui vont sédentariser les capitaux et en même temps répondre à la demande croissante des opérateurs économiques au Congo. Dans le secteur pétrolier, nous avons plusieurs corps de métiers qui sont sous traités. C’est une bonne chose qu’on ait d’opérateurs ou des prestataires de qualité. Cela va répondre à une demande croissante de la part des opérateurs dans le secteur pétrolier ».

Pour sa part, la Chambre de commerce de Pointe-Noire est prête à traduire dans les faits le local content « La stratégie de la chambre de commerce s’exerce à travers un certain nombre de projets avec les grands donneurs d’ordre. C’est le cas de notre engagement dans le projet Association Pointe-Noire industrielle parce que le but est de favoriser le local content à travers un accompagnement des entreprises. Il ne suffit pas de faire des lois, mais que les entreprises soient en capacité de pouvoir répondre à ces ordres qui vont découler de cette politique. Aujourd’hui, le rôle de la Chambre de commerce à travers soit l’APNI ou à travers un certain nombre d’actions que nous menons comme la mission d’entreprises sur le pétrole organisée en décembre dernier, vise à mettre en place des stratégies pour permettre la rencontre entre les entreprises qui ont un besoin d’être accompagnées par les entreprises du Nord plus aguerries. Voilà comment la Chambre de commerce intervient en formant, en informant en accompagnant les entreprises congolaises » a dit Sylvestre Didier Mavouenzela.

Brice Mampouya